Seconde guerre mondiale-Chronologie & drame des zones frontalières - En Alsace-Lorraine, exemple de Strasbourg évacuée entre le 2 et le 3 septembre 1939 vers la "France de l'intérieure" (interview, en 1988, du chef pompier resté en 1939) - Drame également des "malgré nous" et de leurs familles traitées en otages

Publié le par Passionsetbilletsactu

Source/ Dernières Nouvelles d'Alsace - "Drôle de guerre... Drôle de ville" (dimanche 7 août 1988)

"Deux mille ans d'histoire. Petite et grande (...) C'est tout cela, la mémoire de Strasbourg

Chronologie

Mars 1936/ Hitler réoccupe la Rhénanie démilitarisée. L'état-major français envisage l'évacuation des zones frontalières en cas de conflit

1er octobre 1938/ Accords de Munich. La paix est sauvée, mais en Alsace l'éventualité d'une évacuation des civils est rendue publique

23 août 1939/ Annonce du pacte germano-soviétique. La guerre semble inévitable

24 août 1939/ Mobilisation générale

1er septembre 1939/ Hitler envahit la Pologne. L'ordre d'évacuer est donné

3 septembre 1939/ La France et l'Angleterre déclarent la guerre à l'Allemagne. En trois jours environ 430 000 Alsaciens ont été évacués. Parmi eux, 180 000 Strasbourgeois

 

http://www.tampow3945.com/l-evacuation-septembre-1939.php#1123

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Strasbourg - septembre 1939/ 

Strasbourg, ville fantôme. Ses habitants ont été évacués en majorité vers le Sud-Ouest de la France. 2000 personnes sont restées : pompiers, police, défense passive et certains services de la ville. Parmi eux, Edmond Schmitt, alors chef pompier

D.N.A / Le 3 septembre il n'y a quasiment plus personne

Edmond Schmitt/Les problèmes se sont posés  au fur et à mesure qu'on découvrait ce que représentait une ville abandonnée. Il y avait à cette époque de nombreuses fermes dans le centre de Strasbourg, mais les fermiers n'étaient plus là pour traire les vaches et nourrir les animaux (...)

Dans certains départements on a trouvé des cadavres. Il s'agissait de pauvres vieux, malades ou paralysés dont personne ne s'était soucié... lors de l'évacuation, mais également des cas de suicides et, on le disait à l'époque, de meurtres.

Le spectacle dans les boucheries et les épiceries était accablant, l'odeur insupportable (...) et une colonie de vers (...) N'oubliez pas qu'à l'époque les petits commerces  étaient bien plus nombreux qu'aujourd'hui.

Puis il fallu protéger les monuments contre d'éventuels bombardements. Les planchers de la nef de la cathédrale de Strasbourg ont été recouverts de 10 centimètres de sable (...)

Ensuite, l'hiver approchant il a fallu vidanger toutes les conduites d'eau. Un travail de Titan ! Malgré tout des centaines de tuyaux ont éclaté sous l'effet du gel. Certains murs ont été figés dans la glace (en hiver 39, le froid a été terrible).

Nous avons dû intervenir lors d'accidents de la route (...) Ceux qui étaient restés ne se croyaient plus soumis  au Code de la route. Observer les sens interdits et les priorités paraissait dérisoire, et pourtant...

L'isolement de Strasbourg était relatif. Une partie de la banlieue (Illkirch-Grafenstaden ou Lingolsheim par exemple) n'avait pas été évacuée et par la suite chacun a eu l'autorisation de sortir de Strasbourg tous les quinze jours histoire de prendre "un bain de foule"

D.N.A/ Quels étaient vos rapports avec l'armée française ?

E.S/ Jusqu'en mai-juin 40, nous avions peu de rapports avec elle. La zone militaire nous était interdite - grosso modo de la rive du rhin au quartier du Neudorf - Inversement, les militaires combattants n'étaient pas autorisés à entrer en ville. Nous ne savions rien de ce qui se passait à la frontière.

Fin mai, début juin 40, les évènements se sont précipités : les militaires ont commencé à faire sauter les ponts qui entouraient Strasbourg. Nous avons pu en sauver quelques'uns en proposant d'y installer des défenses anti-chars (...)

Après tout est allé très vite. Il ne restait plus dans la ville que les services de sécurité. Moi-même j'avais été rappelé le 12 juin. Sept jours plus tard, les Allemands nazis hissaient le drapeau nazi au sommet de la cathédrale (...)

D.N.A/ Cinquante ans après, pensez-vous que l'évacuation se justifiait ?

E.S/ A l'époque on pensait que les Allemands arriveraient par le Rhin. Dans ce cas, Strasbourg aurait été soumis à de violents bombardements et on connaît le coût humain des bombardements de la seconde guerre mondiale...

*

Quand aux jeunes qui sont revenus avec leur famille après la drôle de guerre de 39-40 - pendant laquelle "rien ne se passait"... nombreux sont ceux qui ont connu le drame de l'incorporation de force dans l'armée allemande. Drame des "malgré nous" auquel d'autres ont pu échapper car mieux informés peut être ou réalisant mieux les risques et/ ou ayant la chance de pouvoir être accueillis durablement dans des régions et des familles amies

« Nous nous sentions évidemment français, mais ils avaient nos familles comme otages et ce n’était pas une vaine menace », se souvient Émile Roegel, 17 ans à l’époque.

https://www.la-croix.com/Actualite/France/Il-y-a-soixante-dix-ans-le-drame-des-malgre-nous-_EP_-2012-08-23-845343

 

Publié dans RENDEZ-VOUS DE L'ANNEE

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