LES OISEAUX / "L'horloge interne tourne-t-elle vraiment ?"

Publié le par passions et actu

  Petit merle dans l'herbe

http://www.meteocity.com/media/petit-merle-dans-l-herbe-19448.aspx

... " Les merles ont chanté dans le jardin. Leurs jacasseries semblent exprimer un sentiment de joie. Les informations utilitaires, celles qu'échangent les couples d'oiseaux, les membres des collectivités, ne figurent pas dans ces jubilations. Celles-ci empruntent d'autres langages.

Mais écoutez le merle. Ne voilà-t-il pas qu'il pépie comme le moineau, chante comme le rouge-gorge ? Se gausse-t-il ? Non, il fait savoir qu'il occupe le lieu, que le moineau ni le rouge-gorge n'y trouveront d'espace. Il ne s'agit plus d'une expression émotive, mais d'une information, selon son choix, et son environnement.

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Et regardez les pies. Comme elles sont silencieuses. Deux par deux elles sautent sur l'herbe. Nul besoin de chanter, elles vivent dans un mutuel émoi. Leur langage se réduit au silence des secrets partagés.

En avril, la jeune pie minaudera avec son prétendant et, avec lui, fondera son foyer. Les petits écloront avant l'été. Gare au chat s'il s'approche du nid ! Les vociférations des parents finiront par éloigner le chat... Puis c'est l'envol d'un des  parents qui aperçoit un régal entre les herbes et, par des appels précis, invite son conjoint à partager le festin. Le langage des pies est fait de silence, de messages et d'émotions.

 

Au fait, en février, à 4 h du matin, les merles s'égosillent déjà à Paris. Les merles des campagnes attendent l'aurore aux doigts de rose - comme dit Homère -  pour chanter la première joie de leur journée. Les merles citadins s'impatient-ils vraiment ? Ecoutons-les encore. Leurs chants ne diffère pas de ceux de leurs cousins champêtres. Mais les merles des villes vivent dans des lumières différentes, des odeurs différentes, des bruits différents.

 

Alors que fait l'horloge interne qui leur commande : tu chanteras quand le jour s'éveillera ? L'horloge interne est restée dans les rayons des bibilothèques éthologiques. L'oiseau ne s'assujetit pas aux préceptes télécommandées par ses ancêtres. Nul gène ne lui dicte ce qu'il doit faire ou penser. Il s'adapte constamment - comme il le peut, s'il le peut - à son environnement parfois dangereusement troublé. Par qui ? Devinez.

La constance de son adaptabilité est d'ailleurs l'exigence de sa survie et de son évolution.

http://www.iris-bulbeuses.org/forum/topic864.htm 

Les chauve-souris, les oiseaux, ou papillons migrateurs adaptent également leurs transhumances aux détériorations de leurs milieux ( si celles-ci ne sont pas excessives ). Les dates de leurs envols varient suivant les lieux et la rigueur des saisons. Les trajets empruntés ne sont pas immuables.

Faut il parler d'horloge interne, ou d'horloge externe ? Ou ne faut-il pas tout simplement oublier cette notion réductrice d'horloge interne qui permet d'assortir de magie notre ignorance et rabaisse,  une fois de plus, l'animal à l'état d'automatisme écervelé ?

Un animal, seul ou en collectivité, analyse son environnement, en cherche le meilleur avantage. Sa réflexion est individuelle, avant de devenir collective.Chaque animal est d'abord un individu.

Comme vous et moi.

Source : La Voix des Bêtes ( Magazine de la Fondation Assistance aux Animaux - article du Docteur vétérinaire Philippe DESCANS )

 

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