Le deuil pour son animal qui perd son maître ou son compagnon de jeu - Conseils d'une vétérérinaire...

Publié le par Passionsetbilletsactu

La perte d’un animal est une épreuve douloureuse. Mais que peuvent ressentir nos compagnons quand eux-mêmes perdent leur maître ou l’un de leurs congénères ? Avec l’aide du Dr Lætitia Barlerin, 30millionsdamis.fr revient sur les préjugés communément répandus sur le deuil vécu par nos animaux.

1/ "Un animal ne peut pas passer par l’étape du deuil".

Faux. Le deuil n’est pas qu’une affaire d’humain ! Face à la perte d’un être aimé - Homme ou congénère  leur souffrance est bien réelle. Lorsque  deux animaux ont vécu ensemble comme des meilleurs amis, la mort de l’un d’eux peut terriblement affecter celui qui reste.

« Les animaux sont doués de sensibilitérappelle le Dr Lætitia Barlerin, vétérinaire et comportementaliste.

Perte d’appétit, attitude léthargique, manque de sommeil, ou désintérêt pour son joujou préféré : lorsque notre petit compagnon développe ces symptômes, on parle de "déprime". Ces changements de comportement peuvent être légers… ou bien devenir plus inquiétants.

2/ "Comme un humain, l’animal peut entrer en dépression si la douleur est trop forte".

Oui. Si le manque est trop important, l’animal va développer ce qui s’apparente à une dépression.  l’animal ne bouge plus, ne mange plus du tout, gémit constamment… Il est  important d’aller voir son vétérinaire.

« Un traitement est nécessaire, nous pouvons l’aider grâce à différentes techniques médicamenteuses ou la phytothérapie », explique le docteur Barlerin.

Les diffuseurs de phéromones sont aussi d’excellentes solutions. Ces substances émises naturellement par les animaux leur permettent de communiquer entre eux. Les phéromones apaisantes peuvent aider l’animal en deuil déboussolé et stressé par les changements (absence d’un compagnon, disparition de rituels, chagrin des maîtres).

3/ "Il faut emmener son animal lors de l’euthanasie de son congénère pour qu’il comprenne sa mort."

SURTOUT PAS !

Ce conseil que l’on peut lire sur Internet ne doit en aucun cas être appliqué. Il est inutile de les exposer à de telles situation de stress…   

« Vous rendez vous compte de la violence ? Votre compagnon va être confronté aux larmes, aux phéromones de stress de son compagnon et il ne voudra plus du tout retourner dans une clinique vétérinaire », avertit L. Barlerin.

 4/ "Le deuil du chat est moins important que celui du chien."

Faux. Le chat traîne derrière lui une triste réputation d’indifférence à l’égard des autres. Mais cette affirmation est complètement erronée. Les félins domestiques sont de véritables boules de stress. Le manque associé à la perte d’un être aimé peut être pour lui un terrible moment à passer.

« Le chat est une éponge à émotion et un animal à rituel. La mort d’un congénère ou d’un propriétaire va casser ses habitudes, précise la praticienne. L’entourage doit être extrêmement présent. C’est le moment de le câliner, le cajoler, jouer, et surtout lui parler ! »

5/ "Pour le consoler, il faut le laisser faire des choses normalement interdites."

Non. Lui passer trop d’interdits pourrait nuire dans le futur. Pour le calmer, privilégiez plutôt les longues balades. Il est primordial d'occuper son esprit durant cette dure étape qu’est le deuil. Si ce dernier est réceptif au jeu ou aux caresses, ne vous en privez pas, tout en restant raisonnable.

« Pour le chien, il faut lui changer les idées. Sortir, changer son parcours de promenade habituel ». Le docteur Barlerin rajoute même « que prendre quelques jours de vacances avec son animal est bénéfique ; il faut qu’il rencontre de nouveaux chiens. »

6/ "Prendre un nouvel animal permet à son petit compagnon de combler le manque."

C’est assez vrai. Lorsqu’un animal a vécu une bonne partie de sa vie avec un ami, sa perte peut tout chambouler et accueillir une nouvelle petite boule de poils peut aider à combler ce manque : « Pour un animal qui a été habitué à la vie en communauté, je conseille pour ma part de songer à adopter un nouveau compagnon de jeu », confie Laetitia Barlerin.

La vétérinaire prévient cependant toute précipitation : « Prendre un animal de suite peut être dangereux pour ce nouveau venu. Le deuil doit être accompli avant toute nouvelle adoption. Le nouveau compagnon doit être désiré, et ne pas être un animal-pansement ».

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