Suite et fin des extraits de "Va où ton coeur te porte" (Susanna TAMARO)

Publié le par Passionsetbilletsactu

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  • Lettre du 4 décembre

Tu sais quelle est l'erreur que l'on commet toujours ? Croire que la vie est immuable. Mais le destin a beaucoup plus d'imagination que nous. (...) Quand tu crois te trouver dans une impasse, quand tu arrives au sommet du désespoir, avec la rapidité d'une rafale de vent, tout change, bascule.

  • Lettre du 10 décembre

Tout en lui était passion, enthousiasme, il savait traiter les sujets les plus diffiiciles avec une simplicité absolue. Il parlait souvent de Dieu, de l'existence possible d'autre chose, au-delà de la réalité tangible. Il avait fait la Résistance, il avait vu la mort en face à plusieurs reprises. A ces moments là, il avait pensé qu'il existe quelque chose de supérieur (...) parce que la conscience se dilate dans un espace plus ample. (...)

(Sentiment ) La facilité (...) transforme l'intensité de l'émotion en caprice passager.

  • Lettre du 12 décembre

Saint Augustin à l'occasion de la mort de sa mère :"Ne soyons pas tristes de l'avoir perdue, mais soyons reconnaissants de l'avoir eue". (...)

Je me suis assiste sous l'arbre, je l'ai caressé, j'ai appuyé le dos et la nuque contre son tronc. (...) Au pied du chêne, la phrase (de Socrate) m'est soudain revenue à l'esprit. Connais-toi toi-même. Air. Respiration.

  • Lettre du 16 décembre

Un dicton des Indiens d'Amérique dit : "Avant de juger une personne, marche pendant trois lunes dans ses mocassins". (...) Ce n'est que de l'intérieur (...) que l'on peut comprendre les motivations, les sentiments, ce qui fait agir une personne. La compréhension est le résultat de l'humilité, non de l'orgueil de savoir.

Enfileras-tu mes pantoufles après avoir lu cette histoire ? (...) Cette lettre j'aurais dû l'écrire à ta mère, alors que je l'ai écrite pour toi. La connaissance (...) naît de la capacité de changer de direction (...) de changer de peau comme les lézards (...).

Les faux prophètes, quel épouvantable mensonge ! Le seul grand maître qui soit vrai et crédible est notre propre conscience. Pour la trouver il faut rester silencieux (...). Au fond, très loin, tu commences à entendre une voix (...). Le dernier des hommes sait qu'il doit mourir, mais le savoir par le coeur en est une autre, complètement différente. (...)

Contrairement aux autres prêtres (...) il ignorait les mots qui condamnent ou qui consolent, les messages convenus et douceâtres lui étaient étrangers.

  • Lettre du 20 décembre

Au grenier je cherchais la crèche (...) : cuvette en émail, sucrier en céramique blanc et bleu (...) un moule à gâteau et au fond, les pages d'un livre (...). Celui que j'aimais le plus quand j'étais enfant, qui m'a fait rêver davantage que tous les autres. Il s'appelait les "Merveille de l'an 2000"

A sa manière c'était un livre de science-fiction. (...) Deux savants s'étaient fait congeler jusqu'à l'an 2000. Un siècle plus tard (...) le petit-fils d'un de leur collègues les avaient décongelés et, à bord d'une petite soucoupe volante, il les avait emmenés faire une promenade instructive à travers le monde. (...) Tout ce qui se passait concernait uniquement le destin de l'homme, ce qu'il avait construit de ses mains. (...) plus de faim, ni de pauvreté, de nombreuses machines soulageaient le travail des hommes, les gens avaient beaucoup de temps libre (...) tous les coins du globe raisonnaient de musiques, de poèmes, de conversations philosophiques aussi paisibles que doctes ( ...) On pouvait se déplacer d'un continent à l'autres en moins d'une heure (...). Et les arnarchistes, les révolutionnaires ? (...). Ils vivent dans des villes rien qu'à eux, construites sous la glace des pôles. (...) Les armées n'existent plus. (...)

Enfin l'homme avait retrouvé sa bonté originelle ! Sourire qui ne durait pas lontemps (...) le guide leur disait : "oh non, l'homme n'a pas perdu sa passion de détruire (...). Les soldats, les canons sont dépassés (...) Nous avons une bombe toute petite, mais ultra puissante (...) il suffit de grimper sur une montagne et de (...) réduire le monde entier en une pluie de débris. (...)

  • Lettre du 21 décembre

De cette longue inspection au grenier, je n'ai rapporté que la crèche et le moule à gâteau (...). Ce moule appartenait à ma grand-mère, c'est le seul objet qui me soit resté de toute l'histoire des femmes de notre famille. (...) Imagine combien de fois dans sa vie il est entré dans le four et en est sorti, combien de fours différents et de plus en plus modernes il a connus, combien de mains différentes et pourtant semblables l'ont rempli de pâte. Je l'ai descendu pour qu'il vive encore et que peut-être à ton tour, tu le laisses en héritage à tes filles afin que, dans son histoire d'humble objet, il rappelle l'histoire de nos générations.

  • Lettre du 22 décembre

Aujourd'hui, après le déjeuner, je suis allée au salon et j'ai commencé à installer la crèche à sa place habituelle, près de la cheminée.

Souviens-toi (...) lutter pour une idée sans avoir aucune idée à soi est l'une des choses les plus dangereuses que l'on puisse faire.(...)

Souviens-toi qu'un arbre avec beaucoup de feuillage et peu de racines peut être déraciné au moindre coup de vent. (...) Dans un arbre avec beaucoup de racines et peu de feuillage, la sève court difficilement.

Racines et feuillages doivent pousser dans les mêmes proportions. Ainsi seulement tu pourras offrir ombre et refuge, te couvrir de fleurs et de fruits quand ce sera la saison.

"Quand plusieurs routes s'offriront à toi (...) assieds-toi et attends. Respire profondément, avec confiance, comme le jour où tu es venues au monde (...) attends, attends encore. Ne bouge pas, tais-toi et écoute ton coeur. Puis, quand il te parlera, lève-toi et va où il te porte".

Livre étonnant à découvrir absolument. On s'y plonge avec un intérêt toujours renouvelé !

Publié dans IDEES CADEAUX

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